PMA : veni vidi vici...

20 juillet 2015

En vente

Je vends ma maison.La maison de mes rêves.
Celle dans laquelle j'espèrais voir grandir mes filles et finir mes jours.
Un rêve qui se brise. Parmi d'autres.
Des appels, des visites et maintenant 2 acheteurs potentiels.
Des pleurs, de la colère. C'est irréel.
Je suis bien ici. Et pourtant je vais devoir partir.

Je solde mon couple aussi.
Je ne peux pas effacer le passé. Ni faire d'efforts pour sauver ma famille.
Je culpabilise de ne pas essayer. Mes filles n'en vaudraient-elles pas la peine ?

Je suis amoureuse de quelqu'un.
J'ai cru qu'il serait ma bouée de sauvetage.
Finalement, il me noie encore plus.

Je vais mal. Je me hais.
Il va mal. Il se hait.
Et je le hais de m'avoir fait croire que cette maison serait la nôtre pour toujours.

Envie de partir. Loin. Seule.
Ne plus faire de mal à quiconque.
Ne plus entendre ma grande me dire qu'elle ne veut pas partir de cette maison.
Ne plus croiser son regard accusateur lorsqu'elle comprend que je fais du mal à son papa.
Ne plus entendre ma mère pleurer du sort de ses petites filles.
Ne plus voir les larmes ni entendre la colère de l'Homme qui se rend compte que tout est terminé.
Ne plus souffrir.
Ne plus justifier.
Ne plus culpabiliser.
Ne plus vendre la maison de mes rêves.
Ne plus.

 

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20 août 2014

Le fossé

Ma copine est belle.
Ma copine est sûre d'elle.
Ma copine a 2 enfants.
Ma copine a un boulot qu'elle aime et qui la fait voyager.
Mais ma copine divorce.
Car ma copine avait un amant (comme je le supposais).
Depuis, ma copine profite, sort, drague, se rassure en collectionnant les numéros de beaux mecs.
Laisse ses enfants une semaine à garder pour pouvoir vivre librement. Sans état d'âme ni mauvaise conscience.

10 mois sans se voir.
Beaucoup de colère, de tristesse, de dégoût de mon côté.
Je pensais être prête.
Nous voilà parties pour un week-end entre filles.
Comme avant.
Je pensais réussir à ne pas juger sa nouvelle vie.
Ne rien attendre. Vivre le moment présent. Parler de tout et de rien.

Finalement, ce fut très dur.
Sa vision de la vie et la mienne sont sensiblement opposées.
Elle ne me comprend pas. Je ne la comprends pas.
Elle ne remet nullement en question son mode de vie. Pense que je devrais faire comme elle.
Elle ne voit pas le mal qu'elle fait à son entourage. A moi.
Elle ne comprend pas les sautes d'humeur de son ex-mari.
Elle ne voit pas ce qu'il y a de mal à lui dire qu'elle ne rentrera pas ce soir car elle reste chez son amant (ils cohabitent encore).
Elle me parle de ses conquêtes et me dit de m'ouvrir au monde, de sourire, de sortir, de profiter.
Que la liberté sexuelle est l'avenir de tous.

Je me sens telle une extra-terrestre.Une pauvre fille arriérée qui se demande où va le monde et où va sa vie.

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07 juillet 2014

Une épaule...

Sur laquelle on peut se reposer.
S'appuyer.
Tout oublier.

Une épaule solide.
Qui ne fléchit pas.
Qui est là.
Quand il le faut.
Qui comprend sans qu'on ait besoin de parler.
Une épaule qui écoute.
Comprend.

Au détour d'un festival, d'une soirée avec un couple d'amis.
Voir mon amie se reposer sur cette épaule solide.
Et me dire que ça me manque.
Que je suis la tête et l'épaule.
Que je ne peux compter que sur moi.
Seule mais désormais solide.
Blasée, blessée, pleine de désillusion mais reconnaissante.
La vie est belle, malgré tout.

Cette épaule, je ne la trouverai plus.
Toutes me sembleront indignes de confiance.

1 an que tout a basculé.
1 an : je devrais savoir où je vais.
Reconstruire ou partir.
Pourtant...
Pas envie de reconstruire.
Pas envie de partir.
Envie d'une épaule.

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06 juin 2014

J'ai du mal à croire...

Que les voisins viennent déjà te chercher pour jouer avec eux.
Que tu n'hésites pas, d'ailleurs, à les mener par le bout du nez.
Que tu traverses le champ pour les rejoindre.
Que tu les appelles "Mes garçons"
Que tu es invitée à tes premiers anniversaires.
Que tu vas dormir seule chez ta cousine.
Que tu es si sociable alors que ta mère est maladivement timide. Je t'envie.
Que tu es si jolie. Et que tu saches déjà user de tes charmes. Ca me fait peur.
Que tu aies grandi si vite !
4 bisous pour tes 4 printemps ma chérie.

Je t'aime

Ellie

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15 mai 2014

Je t'abandonne ?

Tu aurais pu être blond, ou roux.
Tu aurais pu être une 3ème fille ou même 1 petit mec. Peu importe.
Tu aurais pu avoir 1 grande soeur qui rêve d'1 petit frère et 1 grande soeur qui ne prête pas sa maman. Mais tu aurais eu 2 grandes soeurs fantastiques.
Tu aurais pu me combler comme elles le font déjà. Un peu plus encore.
Tu aurais pu me faire goûter une dernière fois à la grossesse : mon ventre qui s'arrondit une dernière fois. Pour toi.

Et je t'abandonne.
Toi, petit embryon qui attend sagement sur la banquise depuis presque 2 ans maintenant.

La feuille est signée. L'enveloppe est prête.
Cela fait 6 mois que je ne me décide pas à la poster.

Tu as été si durement obtenu. Tellement espéré.
Pourquoi ta soeur aurait-elle eu la chance de naître et pas toi ?
Pourquoi devrais-tu faire les frais de notre histoire de couple en perdition ?
Comment dire à tes soeurs qu'on t'a abandonné ?
Tu n'as rien demandé.
De quel droit déciderais-je de ton avenir ?
Il se résume à 3 choix : te détruire (inimaginable), te donner à la science (impossible) ou te donner à un couple demandeur.
Le choix est simple.
Pourtant, c'est dur.
T'imaginer dans une autre famille.
T'imaginer courir vers une autre maman.
Imaginer scruter chaque visage dans la rue, à ta recherche.
Imaginer avoir un enfant dont je ne sache rien.

L'enveloppe va rester là, encore un peu... Il faudra pourtant se décider.

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22 avril 2014

Bipède

On le sentait, tu en étais proche.
Et puis un jour, tu es partie.
Toi, petite chose fragile de 13 mois.
Quelques pas, loin de tout support, loin des jambes de ta maman.
J'en ai eu les larmes aux yeux.
De fierté et de nostalgie.

Mon bébé n'est plus.

Tu es une grande fille.
Tu savais déjà monter et descendre du canapé, des escaliers, de ton cheval à bascule, de ton trotteur.
Toi qui n'as peur de rien.
Qui croques la vie à pleines dents.
Fais des bisous, des caresses.
Aimes qu'on te regarde et qu'on rie de tes pitreries.
Toi ma petite souris si précieuse.

Tu marches.
Toi et tes petites graines de pissenlit accrochées aux cheveux (merci grande soeur)
Et moi je te regarde partir.
Loin de moi.

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02 avril 2014

Déçue

Tellement de déceptions ces derniers temps :

- ma famille : qui fait comme si... et qui ne demande pas comment je vais...

- Lui : pas la peine de revenir sur le sujet.
Il fait de gros efforts, tente de me prouver que... mais la confiance n'est plus là et l'amour, je ne sais pas.

- ma belle-soeur : elle ne va pas bien depuis 3 ans, nous l'avons découvert il y a peu.
Suivi psy, médocs, alcool... elle a bien caché son jeu.
J'ai pensé que je pourrais discuter avec elle mais elle va trop mal. Son couple également.

- une de mes deux meilleures amies : ce que je soupçonnais était vrai.
Elle vient d'annoncer à son mari qu'elle le trompait. Il va mal. Je sais ce qu'il traverse.
Je la hais de lui faire subir ce que j'ai subi.
Je la déteste de m'avoir "consolée" alors qu'elle faisait la même chose. En toute connaissance de cause puisqu'elle voyait bien ma douleur.
Comment peut-on être égoïste à ce point ?
Madame pensait que ça se passerait mieux, qu'il accepterait de cohabiter pour les enfants, qu'il se battrait pour la reconquérir.
Du coup, elle est déstabilisée.
Et puis quoi ?
Je suis censée la consoler ? Lui dire qu'avoir déjà réfléchi à la future chambre de ses enfants dans la maison de son nouveau mec, c'est pas si grave ?
Je ne peux pas.
J'ai fait la morte pendant quelques jours. Elle ne comprend pas mon silence.
Putain, est-ce si dur à comprendre ?!
J'ai beau me dire que la vie est trop courte pour garder rancune.
J'ai peur que notre amitié soit brisée.
En 1000 morceaux.
Adieu les w-e chez l'une chez l'autre avec tous nos marmousets.
Adieu les soirées "confidences" puisqu'on n'est pas capable de se dire les choses importantes.

J'ai perdu mon insouciance.
J'ai perdu toute confiance.

Et la vie continue... et je me sens seule.

 

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07 mars 2014

Demain

Demain est un grand jour.
Demain tu as 1 an.

Je voulais t'écrire une lettre. Belle. Simple. Profonde.
Une lettre qui te dit mon amour pour toi.
Ma joie de te voir grandir chaque jour.
Mon bonheur de découvrir la petite fille que tu deviens.
Pleine de vie et pleine de caractère.

Mais j'avais peur.
Repenser à l'an dernier. Replonger dans ce passé que je pensais heureux.
Alors j'ai occulté. Repoussé...
Jusqu'a aujourd'hui où je me dis que toi - petit bout de 75cm et de 10kg aux cheveux auburn et au regard empli de malice - tu n'y es pour rien.

Et tu mérites cette lettre.
Car tu embellis ma vie. Tu la rends précieuse malgré tout. Malgré cet avenir si brumeux.
Car tu es là, depuis bientôt 1 an.
Et peu importe ce qu'il adviendra entre ton papa et moi.
Car vous êtes là. Ta soeur et toi.
Si précieuses.
Si belles.

Et je suis si fière.
Je me sens pleine. Entière.
Peu importe la suite.
Vous êtes là et je vous aime.

Joyeux anniversaire ma Little Miss Sunshine.

Little-Miss-Sunshine

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03 mars 2014

Le jour où j'ai voulu consulter...

J'ai mis du temps à franchir le pas.
Pas besoin. Pas envie. Pas possible.
Et pourtant j'ai fini par me dire que ça ferait du bien.
Me livrer. Vider mon sac. Dire mes pensées sans réfléchir à leur portée.
Alors je me suis lancée.

Je suis allée au cabinet d'une psy.
A reculons. Réfléchissant par avance à ce que j'allais lui dire.
Porter le masque avant de fondre en larmes.

Me voilà à la porte.
Message : "cabinet fermé pour raison grave".
Je suis sonnée.
Je me sentais prête.
Je suis énervée.
J'en veux presque à cette femme (qui par ailleurs a dû avoir un gros pépin pour se résoudre à fermer son cabinet pour 2 mois) de m'avoir posé un lapin.
Moi qui avait du me faire violence pour franchir le pas.
A qui vais-je me confier maintenant ? Personne...

Remballer ses pensées et ressortir le masque.

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29 janvier 2014

Amies pour la vie

Suite à l'article de Gribouillette sur l'amitié... j'avais envie d'en parler aussi...

Autrefois, il n'y pas si longtemps, j'y croyais dur comme fer.
Notre amitié était indestructible. 1 amie puis 2 amies. Un groupe de 3, surnommé "Les 3 drôles de dames".
Puis 3 x 2 = 6 (avec les copains)
Puis 6 x 2 = 12 (avec les enfants)
Il y en a eu des bons moments, des tranches de rigolade, des souvenirs.
Chez l'une, chez l'autre. Par ici. Par là-bas. 

Je crois que j'ai tout cassé.
Indirectement. Avec mon histoire. Ma douleur.
Elles n'ont pas su gérer la crise. Ma crise.
L'une a fait comme si. Comme si ce n'était rien. Comme si ça coulait de source que ça allait redevenir comme avant.
Comme si on pouvait en rigoler.
L'autre a été présente, au début. Petits mots de soutien. Puis plus rien.
J'ai du la saouler avec ma tristesse. Elle qui étouffe chez elle et qui rêve d'exotisme.
Elle qui résistait jusque là à de nombreuses avances... mais jusqu'à quand ?
Serais-je le miroir de ce qu'elle fait dans le dos de son mari ? Cela expliquerait son silence actuel.

J'ai vu une psy. Je lui ai parlé de ce poids que je portais.
Mes parents, ma soeur et ma belle-soeur qui font comme si de rien... 
Mes amies qui sont passées à autre chose. Sans moi.
Personne à qui parler de ma détresse.
Alors je fais la forte. Je porte mon masque.
Elle me dit que je dois être honnête avec toutes ces personnes.
Leur dire mon désarroi quant à leurs réactions (ou manque de réaction).
Je ne sais pas parler. Trouver les mots sans blesser.
Après tout, je ne suis pas le centre du monde.

Je crois que mes amies sont là pour partager le meilleur.
Mais qu'elles désertent lorsqu'il faut traverser le pire.
C'est triste.

Posté par Lucky Bellule à 13:52 - Commentaires [6] - Permalien [#]